Le sport
Beaucoup de femmes enceintes se posent la question du
bienfait ou des dangers de la pratique sportive pendant la
grossesse.
Les jeunes sportives, habituées à pratiquer régulièrement,
supportent mal un "sevrage brutal", elles vivent une
situation de manque, tandis que les plus sédentaires se
préoccupent tout à coup de leur corps et se demandent s’il
ne serait pas temps de "faire quelque chose". Comme
toujours, le bon sens devrait nous guider.
Quelques repères
Les trois premiers mois sont ceux de l’implantation
de l’œuf et de la constitution du placenta.
On considère généralement que les grossesses qui
s’arrêtent spontanément dans cette période présentaient
une anomalie, qu’il ne faut pas tenter de les sauver à
tout prix, mais accepter cette " sélection naturelle ".
Pour renforcer cette conviction que " si c"est bien
accroché, ça tient " on peut penser à toutes celles qui
ont tenté, aux temps où la contraception n’existait pas,
de décrocher l’œuf par des efforts violents, le plus
souvent sans aucun succès. On pourrait déduire de cette
remarque qu’il n’y a aucune restriction pendant le
premier trimestre, ce qui est excessif.
Même pour une grossesse sans problème, il est
déconseillé de prendre certains risques. Vous auriez
ensuite un sentiment de culpabilité et peut-être
l’obligation de rester au repos strict un certain temps,
en cas de saignements par ex., ce qui serait pénible et
stressant.
Bien entendu, il existe des grossesses qui nécessitent
des précautions particulières, que votre médecin vous
indiquera (si vous avez eu des difficultés à avoir un
enfant, si vous avez déjà fait des fausses couches, les
précautions sont encore plus évidentes).
Privilégiez le calme les trois premiers mois, le temps
de bien assurer l’implantation. Mais cela ne veut pas
dire de rester au lit et de ne plus oser bouger.
Un travail corporel pourquoi ?
L’objectif d’un travail corporel pendant la grossesse
n’est pas la musculation. C’est le maintien et l’adaption
de la musculature, y compris périnéale, le travail du
souffle en endurance, l’activation de la circulation, du
transit, les étirements, l’action sur les tensions
musculaires et psychiques.
Dans la perspective de l’accouchement, la préparation
corporelle amène une connaissance en profondeur de soi,
une complicité avec le bébé, l’acquisition de la
confiance en son corps et la maîtrise de quelques
outils : la respiration, les positions facilitantes, la
détente… Il faut donc des exercices adaptés, non
épuisants, qui tiennent compte des gênes diverses qui
peuvent se présenter, notamment en fonction de la
position du bébé.
Les risques
Il faut éviter les sports qui secouent beaucoup, (jet
ski, course, saut… ) ou qui demandent une forte
participation des abdominaux (athlétisme, escalade… ),
et ceux qui accélèrent trop le rythme cardiaque.
Et évidemment, tout au long de la grossesse, il faut
éviter les chutes et les chocs. Le ski alpin, le judo,
l’équitation, et bien d’autres… exposent à ces
accidents. Il vaut donc mieux ne plus les pratiquer pour
le moment.
Les limitations
Au fur et à mesure des mois, vous perdrez de votre
mobilité, et vous allez de vous-même éliminer les sports
qui demandent des déplacements rapides ou des positions
enroulées, des appuis sur le ventre…
Dès le début de la grossesse, votre souffle sera plus
court, votre coeur plus rapide en raison d’une
augmentation du volume sanguin, avant même la prise du
premier kilo. Vous serez vite essouflée et les apnées
prolongées sont à éviter.
De plus, la position du bébé peut modifier la situation
d’une femme à l’autre. Certaines ne supportent pas
d’être allongées sur le dos, elles étouffent ou ont tout
de suite une douleur dans le bas du dos, une " sciatique
". D’autres ne peuvent pas rester debout en raison de
baisse de tension, de jambes qui gonflent. D’autres sont
gênées sous les côtes, ont des reflux et des brûlures
d’estomac dès qu’elles sont assises tassées ou qu’elles
se penchent, tête en bas ou alors l'afflux important de
sang à la tête va causer un étourdissement en se
relevant… Tout cela est sans gravité, mais il faut
gérer…
D’une manière générale la grossesse donne sommeil,
surtout dans la journée, ralentit les rythmes, ramène
plus à l’écoute intérieure qu’à la performance
extérieure… Il y a un gros travail physique et psychique
qui est en train de se faire, et il est moins nécessaire
qu’en d’autres temps de dépenser son trop-plein
d’énergie. Finalement, les choses vont se faire
d’elles-mêmes le plus souvent, si vous acceptez
d’écouter votre corps. Beaucoup auront à partir du
deuxième trimestre une " pêche d"enfer " qui pourra
durer, pour certaines, jusqu’au bout. Dans ce cas, il
faudra juste éviter d’en faire trop, par ex. repeindre
les plafonds… pour arriver avec de bonnes réserves
d’énergie au moment de l’accouchement
Quels sports ?
La marche ?
On recommande les promenades aux femmes enceintes.
Il est bien de bouger, de s’oxygéner, de respirer, de
voir le ciel bleu et d’être un peu au soleil (pas pour
brûler, mais pour fixer le calcium et garder sa bonne
humeur).
Si vous n’avez aucun des problèmes décrits dans la
présentation générale, promenez-vous sans crainte.
Mais ne forcez pas, ne rajoutez pas la promenade
obligatoire aux heures de courses et de ménage.
N’hésitez pas à vous arrêter au moindre signal, à vous
allonger un moment, le bassin un peu surélevé même par
un coussin, pour compenser les effets de la pesanteur.
La natation ?
C’est l’exercice de choix, très agréable en général
en raison de la sensation de légèreté.
Mais il faut aimer l’eau, bénéficier d' une température
suffisante (c.à.d. plus chaude que d’habitude car votre
température est autour de 38° et que le froid peut vous
donner des contractions), d'une eau sans risque de
germes et si possible non javelisée…
Mieux vaudra utiliser des accessoires : frites, planche
et faire des mouvements assez lents, le dos bien plat
pour vous étirer, travailler les jambes et le dos.
Evitez la brasse cambrée, la brasse papillon, les
plongeons !
Exercez votre souffle en cherchant à ralentir
l’expiration, à augmenter vos capacités d’endurance.
Enfin, laissez-vous porter par l’eau, et profitez de la
détente.
Le vélo ?
A pratiquer en terrain peu accidenté ou sur un vélo
d'appartement, sans forcer, pour bien respirer et
travailler les jambes.
C' est alors une possibilité d'activité intéressante.
Par temps chaud en bord de mer, le pédalo sera une bonne
distraction familiale.
La gymnastique ?
Avec des réserves ! En particulier sur le travail des
abdominaux, sur tous les mouvements qui font travailler
les abdominaux grands droits, c.à.d. lever la tête, les
jambes. Les " couché-assis", les "ciseaux", " pédalages"
etc… sont toujours de mauvais exercices, mais plus
particulièrement durant la grossesse et les suites de
couches.
Vous les reconnaîtrez au fait que le ventre sort,
pointe, qu’il y a comme une petite pyramide au dessus de
votre nombril. Cela veut dire que vous poussez sur votre
ventre et vers le bas, sur le périnée. Pour le dos,
c’est très mauvais aussi puisque vous vous tassez (vous
rapprochez les épaules du bassin… ça ne peut être qu’un
tassement).
Or les grands droits vont s’allonger pendant la
grossesse de 15 cm (la moitié de la hauteur utérine) et
s’écarter, pour laisser la place au bébé.
Chaque fois que vous les contractez, ne serait-ce que
pour vous asseoir dans votre lit, vous les voyez
s’écarter plus. Il n’est pas rare d‘avoir une
contraction utérine, par ex. quand vous vous allongez
sur la table d’examen ou que vous vous relevez. Si au
contraire vous savez utiliser les bons abdominaux, ceux
qui maintiennent, qui ceinturent, en expirant, vous
n’aurez pas de contraction. C’est évidemment très
important si vous avez quelques risque d’ouverture du
col trop tôt.
Limitez, même au quotidien, ces mauvais mouvements,
d’autant que vous aurez plus de mal à rapprocher ensuite
vos grands droits et à récupérer votre sangle
abdominale. La poussée sur le périnée peut également
entraîner des fuites d’urine. Ce genre d’abdominaux est
donc particulièrement déconseillé en tout temps en cas
de souci d'incontinence. Si vous désirez plus
d'information concernant cette prévention, nous vous
conseillons le document vidéo Minitraumatismes
quotidiens périnéo-abdominaux.
Il vous faut donc une gymnastique qui respecte vos
possibilités posturales, qui soit toujours en étirement,
lente, très précise quant à la respiration (or, elle est
le plus souvent " à l"envers "). Elle doit associer un
travail et une protection du périnée.
Préférez des postures à l’horizontale (soit couchée,
soit à quatre pattes ou équivalent) ou à l’envers, type
demi- pont, aux postures verticales. Il est important de
maintenir la musculature des jambes et des fesses, sans
être debout, par ex. dans les postures de demi-pont.
Le livre Bien-être et maternité propose
énormément d’exercices très adaptés, en fonction de
chaque situation, de chaque problème. Tirés du yoga,
dans la logique de l’approche posturo-respiratoire, ils
s’appliquent même en cas d’hospitalisation pour menace
d’accouchement prématuré. En effet, l’alitement fait
fondre très vite les muscles, peut créer des problèmes
circulatoires, de transit, des douleurs diverses et
éventuellement une bonne déprime. Ces éléments ont
souvent des répercussions sur l’accouchement et les
suites de couches.
En cas de menace d'accouchement
prématuré
L'alitement fait fondre très vite les muscles, peut
créer des problèmes circulatoires, de transit, des
douleurs diverses et une bonne déprime. Ces éléments ont
souvent des répercussions sur l'accouchement et les
suites de couches Or il est possible de maintenir un
minimum de travail musculaire, en particulier dans les
jambes, les fesses, le périnée, de stimuler le transit,
d'étirer le dos, sans entraîner de contractions, sans
prendre le moindre risque.
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Edito
Pédiatre ou généraliste ?
Dans un récent rapport, Danièle
Sommelet, la présidente de la Société Française
de Pédiatrie, estime qu’il est nécessaire «
d’augmenter de 20 à 30% le nombre de pédiatres
libéraux ». Avec un pédiatre pour 5300 enfants,
la France a la plus faible densité d’Europe. Avec
les 1300 départs à la retraite prévus dans les dix
prochaines années, cette contre-performance risque
de durer. Mais pourquoi cette situation pose-t-elle
problème ?
Une étude montre des différences
notables entre la prise en charge par un généraliste
et par un pédiatre avec des écarts importants en
termes de prévention et de traitements
médicamenteux.
Les enfants suivis par un pédiatre ont moins de
consultations (- 25%), moins de prescriptions en
pharmacie (- 25%), bénéficient d’une meilleure
couverture vaccinale pour le ROR (+ 7%) et
l’hépatite B (+ 31%).
Ce ne sont que quelques exemples parmi d'autres
illustrant la grande qualité de soins apportée par
les pédiatres et les économies en termes de dépenses
de santé.
Aujourd’hui, grâce aux progrès de la médecine et à
la vaccination, les enjeux de la santé des enfants
et des adolescents ont changé. Les enfants
concentrent, voire amplifient les conséquences liées
aux évolutions du mode de vie et/ou de
l’environnement aussi bien écologique qu’économique
et social. Ainsi, l’obésité, l’asthme, les
allergies, les épidémies (bronchiolites ou
gastro-entérites), ou encore les problèmes
psycho-affectifs sont des cas courants de
consultation. Face à ses phénomènes, les
pédiatres semblent plus armés que les généralistes
pour la prévention, l’écoute, voir l’éducation des
parents.
Source : « La France en manque de pédiatres », Le
Monde, 04/04/07.
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